{"id":2735,"date":"2015-11-30T11:04:41","date_gmt":"2015-11-30T10:04:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.christophe-lavieavanttout.com\/maquette01\/?page_id=2735"},"modified":"2024-09-11T11:25:48","modified_gmt":"2024-09-11T09:25:48","slug":"le-syndicalisme-dans-la-doctrine-sociale-de-leglise-catholique","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.christophe-lavieavanttout.com\/maquette01\/le-syndicalisme-dans-la-doctrine-sociale-de-leglise-catholique\/","title":{"rendered":"Le syndicalisme dans la doctrine sociale de l&#8217;\u00c9glise catholique"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-page\" data-elementor-id=\"2735\" class=\"elementor elementor-2735\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-804fb67 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"804fb67\" data-element_type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-5f03c0f elementor-widget elementor-widget-image\" data-id=\"5f03c0f\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"image.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"750\" height=\"393\" src=\"https:\/\/www.christophe-lavieavanttout.com\/maquette01\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/jean-yves-naudet-portrait.jpg\" class=\"attachment-large size-large wp-image-2738\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/www.christophe-lavieavanttout.com\/maquette01\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/jean-yves-naudet-portrait.jpg 750w, https:\/\/www.christophe-lavieavanttout.com\/maquette01\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/jean-yves-naudet-portrait-300x157.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-d980d81 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"d980d81\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><strong>par Jean-Yves Naudet, Professeur d&#8217;\u00e9conomie (1).<br \/>Cet article a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 le 8 septembre 2009 par l&#8217;<a href=\"http:\/\/dse.over-blog.org\/article-35819888.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Association Internationale pour l&#8217;Enseignement Social Chr\u00e9tien<\/a><\/strong><\/p><p>Au sens strict du terme, la doctrine sociale de l\u2019\u00c9glise, telle qu\u2019elle est exprim\u00e9e au plus haut niveau par le magist\u00e8re romain, commence avec la parution de Rerum novarum, de L\u00e9on XIII, en 1891. Bien entendu, en particulier tout au long du XIX\u00b0 si\u00e8cle, de nombreux la\u00efcs avaient d\u00e9j\u00e0 d\u00e9velopp\u00e9 une pens\u00e9e et une pratique du catholicisme social, \u00e0 commencer par Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam, ou, plus tard, Albert de Mun et Ren\u00e9 de La Tour du Pin. Des pr\u00eatres, puis des \u00e9v\u00eaques, et notamment en Allemagne monseigneur Ketteler, avaient \u00e9galement pris des positions claires en ce domaine. Ici m\u00eame, en Suisse, et particuli\u00e8rement \u00e0 Gen\u00e8ve, comment ne pas \u00e9voquer la figure de monseigneur Mermillod, \u00e9v\u00eaque de Lausanne et de Gen\u00e8ve, cr\u00e9\u00e9 cardinal par L\u00e9on XIII en 1890, qui, avec l\u2019Union de Fribourg qu\u2019il pr\u00e9sidait, a tant contribu\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9paration de Rerum novarum, la premi\u00e8re grande encyclique sociale. Certes, s\u2019agissant de doctrine et non de pratique ou de prises de position ponctuelles, on s\u2019en tiendra ici aux textes officiels du magist\u00e8re du Pape, exprim\u00e9 dans les encycliques sociales, ce qui ne sous-estime en rien l\u2019importance, entre autres, des prises de position, telles celles des \u00e9v\u00eaques dans le monde entier, visant \u00e0 adapter ces principes g\u00e9n\u00e9raux \u00e0 la situation de chaque pays ou dioc\u00e8se. L\u2019Union de Fribourg, par exemple, a jou\u00e9 un r\u00f4le majeur pour pr\u00e9parer la prise de position du magist\u00e8re, d\u2019autant plus que la question des organisations professionnelles, du syndicalisme et des corporations \u00e9tait au c\u0153ur de leurs pr\u00e9occupations. Beaucoup d\u2019auteurs ont soulign\u00e9 l\u2019influence de l\u2019Union de Fribourg et de Mgr Mermillod sur la r\u00e9daction de Rerum novarum.<\/p><p>\u00a0<\/p><h4>Suppression des corporations et interdiction des regroupements professionnels<\/h4><p>Le premier grand texte du magist\u00e8re en ce domaine est donc l\u2019encyclique de L\u00e9on XIII, parue le 15 mai 1891, Rerum novarum, sur la condition des ouvriers. Concernant la question pr\u00e9cise du syndicalisme, le point de d\u00e9part de la r\u00e9flexion de l\u2019\u00c9glise a \u00e9t\u00e9 le fait que \u00ab le dernier si\u00e8cle a d\u00e9truit, sans rien leur substituer, les corporations anciennes, qui \u00e9taient pour eux une protection \u00bb, disparition rendant les \u00ab travailleurs isol\u00e9s et sans d\u00e9fense \u00bb (2).<\/p><p>Cette question de la disparition des corporations avait agit\u00e9 tout le XIX\u00b0 si\u00e8cle catholique, et les solutions pour y rem\u00e9dier avaient provoqu\u00e9 des clivages sensibles chez les catholiques, et notamment, peu avant Rerum novarum, des divergences entre l\u2019\u00e9cole d\u2019Angers (autour de monseigneur Freppel) et l\u2019\u00e9cole de Li\u00e8ge (autour de monseigneur Doutreloux).<br \/>Certes, monseigneur Freppel exprime bien l\u2019opinion assez g\u00e9n\u00e9rale des chr\u00e9tiens en cette deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XIX\u00b0 si\u00e8cle, en expliquant qu\u2019en 1789, \u00ab on voulait d\u00e9truire les abus, et ils \u00e9taient graves, nombreux ; on voulait op\u00e9rer des r\u00e9formes, unanimement et \u00e0 bon droit \u00bb et \u00ab non faire une r\u00e9volution \u00bb (3).<\/p><p>Dans le domaine du travail, faisant l\u2019\u00e9loge des corporations de l\u2019ancien r\u00e9gime, en particulier pour leur r\u00f4le protecteur, monseigneur Freppel ne cache pas que le syst\u00e8me s\u2019\u00e9tait fig\u00e9 : \u00ab Que des abus s\u2019y soient gliss\u00e9s \u00e0 la longue, qu\u2019il y ait eu n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019introduire plus d\u2019air, plus de jour, plus de mouvement, dans ces institutions devenues trop \u00e9troites, et faire une plus large part \u00e0 la libert\u00e9 du travail, personne ne le conteste. L\u00e0 encore, il s\u2019agissait d\u2019op\u00e9rer l\u2019une de ces r\u00e9formes justifi\u00e9es par la marche du temps et par les progr\u00e8s de l\u2019industrie \u00bb.\u00a0 \u00ab Am\u00e9liorer, \u00e0 la bonne heure, mais d\u00e9truire sans rien mettre \u00e0 la place, c\u2019est de la folie \u00bb. (4).<br \/>\u00ab Sous une apparence de libert\u00e9, c\u2019est l\u2019isolement qu\u2019on apportait \u00e0 l\u2019ouvrier, et, avec l\u2019isolement, la faiblesse \u00bb. \u00ab Plus de fraternit\u00e9 professionnelle \u00bb. \u00ab Plus de solidarit\u00e9 d\u2019int\u00e9r\u00eat, d\u2019honneur et de r\u00e9putation \u00bb (5).<\/p><p>Au fond, ce qui \u00e9tait condamn\u00e9, plus que le d\u00e9cret d\u2019Allarde abolissant les corporations, c\u2019\u00e9tait la loi le Chapelier, emp\u00eachant toute forme de regroupement, notamment dans le domaine du travail. Ce qui \u00e9tait mis en avant, c\u2019est le \u00ab principe d\u2019association si \u00e9trangement m\u00e9connu en 1789 \u00bb, \u00ab dont c\u2019est l\u2019erreur fondamentale de ne concevoir et de n\u2019admettre aucun organisme interm\u00e9diaire entre l\u2019individu et l\u2019\u00c9tat \u00bb. (6).<br \/>Mais si la plupart des Catholiques admettaient cette analyse, les divergences portaient sur ce qu\u2019il fallait faire en cette fin du XIX\u00b0 si\u00e8cle pour rem\u00e9dier \u00e0 cette situation. Revenir, pour l\u2019essentiel, \u00e0 des corporations obligatoires, quitte \u00e0 ce que l\u2019\u00c9tat joue un r\u00f4le important dans ce retour et dans cette obligation, ce qui \u00e9tait plut\u00f4t la position de l\u2019\u00e9cole de Li\u00e8ge, ou imaginer des solutions plus souples et en tous cas plus volontaires, minimisant le r\u00f4le de l\u2019Etat en la mati\u00e8re, ce qui \u00e9tait la position de l\u2019\u00e9cole d\u2019Angers. C\u2019est un des points que devait trancher L\u00e9on XIII dans Rerum novarum et, contrairement \u00e0 une id\u00e9e tr\u00e8s r\u00e9pandue, dans ce domaine pr\u00e9cis, il a plut\u00f4t arbitr\u00e9, ce qui n\u2019est pas le cas sur d\u2019autres sujets, en faveur de l\u2019\u00e9cole d\u2019Angers et d\u2019une solution laissant une grande libert\u00e9 d\u2019organisation. Les historiens disent qu\u2019il y a eu quatre r\u00e9dactions de l\u2019encyclique, une du p\u00e8re Liberatore, membre de l\u2019Union de Fribourg, une seconde du cardinal Zigliaria, une troisi\u00e8me revue \u00e0 nouveau par le p\u00e8re Liberatore et le cardinal Mazella et la quatri\u00e8me, au stade de la r\u00e9daction latine, de Mgr Volpini, qui ajoutera l\u2019id\u00e9e de syndicats s\u00e9par\u00e9s, point fondamental s\u2019il en est.<\/p><h4>L\u2019association, un droit naturel<\/h4><p>Le premier point central soulev\u00e9 par L\u00e9on XIII, est la question de la libert\u00e9 d\u2019association, dans le domaine du travail comme dans les autres. \u00ab Les soci\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es n\u2019ont d\u2019existence qu\u2019au sein de la soci\u00e9t\u00e9 civile, dont elles sont autant de parties. Il ne s\u2019ensuit pas cependant, \u00e0 ne parler qu\u2019en g\u00e9n\u00e9ral et \u00e0 ne consid\u00e9rer que leur nature, qu\u2019il soit au pouvoir de l\u2019\u00c9tat de leur d\u00e9nier l\u2019existence. Le droit \u00e0 l\u2019existence leur a \u00e9t\u00e9 octroy\u00e9 par la nature elle-m\u00eame, et la soci\u00e9t\u00e9 civile a \u00e9t\u00e9 institu\u00e9e pour prot\u00e9ger le droit naturel, non pour l\u2019an\u00e9antir. C\u2019est pourquoi une soci\u00e9t\u00e9 civile (7) qui interdirait les soci\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es s\u2019attaquerait elle-m\u00eame, puisque toutes les soci\u00e9t\u00e9s, publiques ou priv\u00e9es, tirent leur origine d\u2019un m\u00eame principe, la naturelle sociabilit\u00e9 de l\u2019homme \u00bb. (8).<\/p><p>Voil\u00e0 sans doute le point central : les associations sont de droit naturel. Les associations portant sur le travail ou regroupant des travailleurs sont donc de droit naturel et l\u2019\u00c9tat ne peut les interdire. C\u2019est un point essentiel sur lequel toute la doctrine sociale de l\u2019\u00c9glise insistera. C\u2019est ainsi que dans son encyclique sur le centenaire de Rerum novarum, Jean-Paul II y reviendra d\u00e8s le premier chapitre pr\u00e9sentant les \u00ab traits caract\u00e9ristiques de Rerum novarum \u00bb, en parlant du \u00ab droit naturel de l\u2019homme \u00e0 fonder des associations priv\u00e9es \u00bb\u00a0 qui \u00ab occupe une place de premier plan \u00bb. \u00ab Il s\u2019agit avant tout du droit \u00e0 cr\u00e9er des associations professionnelles \u00bb. \u00ab S\u2019associer est un droit naturel de l\u2019\u00eatre humain et, par cons\u00e9quent, un droit ant\u00e9rieur \u00e0 sa reconnaissance par la soci\u00e9t\u00e9 politique \u00bb. (9).<br \/>Bien entendu, ce droit \u00e0 se regrouper ne se limite pas aux associations professionnelles et Jean-Paul II approfondira ce th\u00e8me, en utilisant un vocabulaire nouveau pour justifier l\u2019existence de ce que l\u2019on appelle habituellement les corps interm\u00e9diaires : \u00ab\u00a0 De la conception chr\u00e9tienne de la personne r\u00e9sulte n\u00e9cessairement une vision juste de la soci\u00e9t\u00e9. Selon Rerum novarum et toute la doctrine sociale de l\u2019\u00c9glise, le caract\u00e8re social de l\u2019homme ne s\u2019\u00e9puise pas dans l\u2019\u00c9tat, mais il se r\u00e9alise dans divers groupes interm\u00e9diaires, de la famille aux groupes \u00e9conomiques, sociaux, politiques et culturels qui, d\u00e9coulant de la m\u00eame nature humaine, ont -toujours \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du bien commun- leur autonomie propre. C\u2019est ce que j\u2019ai appel\u00e9 la personnalit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 qui, avec la personnalit\u00e9 de l\u2019individu, a \u00e9t\u00e9 \u00e9limin\u00e9e par le \u00ab socialisme r\u00e9el \u00bb. \u00bb (10). Cette expression de \u00ab personnalit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 \u00bb est tr\u00e8s riche et large. En outre, ce que L\u00e9on XIII d\u00e9non\u00e7ait \u00e0 propos de l\u2019interdiction par la R\u00e9volution fran\u00e7aise des associations professionnelles en particulier, Jean-Paul II le reproche au XX\u00b0 si\u00e8cle au socialisme r\u00e9el des pays communistes, qui, lui, niait et la personnalit\u00e9 de l\u2019individu et celle de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p><h4>Corporation ou syndicat ?<\/h4><p>Une fois pos\u00e9 le principe, restait \u00e0 en d\u00e9finir les modalit\u00e9s. L\u00e0 encore, L\u00e9on XIII ouvre deux perspectives essentielles. La premi\u00e8re, c\u2019est que ces associations professionnelles, qui commen\u00e7aient \u00e0 se d\u00e9velopper \u00e0 son \u00e9poque, \u00e9taient \u00ab soit compos\u00e9es des seuls ouvriers, soit mixtes, r\u00e9unissant \u00e0 la fois des ouvriers et des patrons. \u00bb. (11). Autrement dit, L\u00e9on XIII ne r\u00e9clame pas forc\u00e9ment le retour \u00e0 un syst\u00e8me corporatif : il laisse le choix et envisage soit la corporation, soit le syndicat, suivant les circonstances, suivant en cela les modifications sugg\u00e9r\u00e9es pour la quatri\u00e8me version de l\u2019encyclique. Il remarque d\u2019ailleurs qu\u2019en toute hypoth\u00e8se, elles seront diff\u00e9rentes des pr\u00e9c\u00e9dentes : \u00ab Il n\u2019est donc pas douteux qu\u2019il faille adapter les corporations \u00e0 ces conditions nouvelles \u00bb. (11).<br \/>Il est donc faux de dire que d\u00e8s l\u2019origine, avec L\u00e9on XIII, la doctrine sociale de l\u2019\u00c9glise a demand\u00e9 le r\u00e9tablissement des corporations ; L\u00e9on XIII a laiss\u00e9 le choix. Mais il est vrai que l\u2019\u00e9volution s\u2019est faite entre la premi\u00e8re r\u00e9daction, tr\u00e8s corporatiste, et la derni\u00e8re, favorable \u00e0 une libre organisation professionnelle, y compris syndicale, c&#8217;est-\u00e0-dire ne regroupant que les salari\u00e9s. Par la suite, le discours s\u2019est peu \u00e0 peu infl\u00e9chi, tenant compte de l\u2019\u00e9volution \u00e9conomique et sociale,\u00a0 et le terme de corporation sera de moins en moins utilis\u00e9,\u00a0 tandis que celui de syndicat deviendra dominant. Jean-Paul II expliquera d\u2019ailleurs que si \u00ab les syndicats ont en un certain sens pour anc\u00eatres les anciennes corporations d\u2019artisans du Moyen Age \u00bb, \u00ab les syndicats diff\u00e9rent des corporations sur un point essentiel : les syndicats modernes ont grandi \u00e0 partir de la lutte des travailleurs (\u2026) pour la sauvegarde de leurs justes droits vis-\u00e0-vis des entrepreneurs \u00bb (12). Et il ajoute explicitement que \u00ab les organisations de ce type \u00ab\u00a0 (donc les syndicats) \u00ab sont un \u00e9l\u00e9ment indispensable de la vie sociale, particuli\u00e8rement dans les soci\u00e9t\u00e9s modernes industrialis\u00e9es \u00bb. (12). D\u2019ailleurs, de mani\u00e8re significative, le mot corporation n\u2019existe pas dans l\u2019important index analytique du Compendium de la Doctrine sociale de l\u2019Eglise ; on n\u2019y trouve que le terme \u00ab corporatisme \u00bb au sens\u00a0 des \u00ab tentations du corporatisme \u00bb (13) ou des \u00ab int\u00e9r\u00eats corporatifs \u00bb (14). En revanche, le mot syndicat apparait avec huit renvois dans le m\u00eame index.<\/p><h4>Une organisation libre<\/h4><p>La seconde perspective ouverte par L\u00e9on XIII est tout aussi fondamentale. C\u2019est le fait que les corporations ou syndicats doivent pouvoir s\u2019organiser librement : \u00ab A ces corporations, il faut \u00e9videmment, pour qu\u2019il y ait unit\u00e9 d\u2019action et accord des volont\u00e9s, une organisation et une discipline sage et prudente. Si donc, comme il est certain, les citoyens sont libres de s\u2019associer, ils doivent l\u2019\u00eatre \u00e9galement de se donner les statuts et r\u00e8glements\u00a0 qui leur paraissent les plus appropri\u00e9s au but qu\u2019ils poursuivent (\u2026) Tout d\u00e9pend du g\u00e9nie de chaque nation, des essais tent\u00e9s et\u00a0 de l\u2019exp\u00e9rience acquise, du genre de travail, de l\u2019extension du commerce et d\u2019autres circonstances de choses et de temps qu\u2019il faut m\u00fbrement examiner \u00bb. (15). Ce n\u2019est donc pas \u00e0 l\u2019\u00c9tat d\u2019organiser les corporations ou les syndicats, de leur fixer des r\u00e8gles uniformes, encore moins de rendre l\u2019adh\u00e9sion obligatoire.<br \/>Pie XI reviendra \u00e0 son tour sur cette question de la libert\u00e9 d\u2019organisation, en rappelant que \u00ab les hommes sont libres d\u2019adopter telle forme d\u2019organisation qu\u2019ils pr\u00e9f\u00e8rent, pourvu seulement qu\u2019il soit tenu compte des exigences de la justice et du bien commun \u00bb (16). Et il pr\u00e9cisera \u00ab ainsi, les personnes qui exercent la m\u00eame profession gardent la facult\u00e9 de s\u2019associer librement en vue de certains objets qui, d\u2019une mani\u00e8re quelconque, se rapportent \u00e0 cette profession \u00bb. Et plus loin encore, reprenant l\u2019expression de \u00ab libres associations \u00bb, il rappelle que l\u2019homme est libre non seulement de les cr\u00e9er, mais encore de leur donner les statuts qui paraissent les plus appropri\u00e9s et il parle explicitement alors de \u00ab soci\u00e9t\u00e9s d\u2019ordre et de droit priv\u00e9 \u00bb. (17). Compte tenu du contexte de l\u2019\u00e9poque (on est en 1931), Pie XI fait ainsi une claire distinction entre la conception que l\u2019\u00c9glise se fait des corporations et syndicats et la conception fasciste qui r\u00e9gnait alors en Italie, dans laquelle les \u00ab corporations \u00bb sont obligatoires et \u00e9tatis\u00e9es. C\u2019est ce qui fait toute la diff\u00e9rence entre la soci\u00e9t\u00e9 civile, cette fois au sens de Tocqueville, qui s\u2019organise librement, et la soci\u00e9t\u00e9 politique, dans laquelle ces organisations ont un caract\u00e8re obligatoire et contraignant et ne sont au fond qu\u2019un prolongement de l\u2019\u00c9tat.<br \/>Bien entendu, on ne sera pas surpris que L\u00e9on XIII insiste aussi sur ce qui est pour lui \u00ab l\u2019objet principal, qui est le perfectionnement moral et religieux. C\u2019est surtout cette fin qui doit r\u00e9gler l\u2019\u00e9conomie sociale. Autrement, ces soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9g\u00e9n\u00e9reraient bien vite et tomberaient, ou peu s\u2019en faut, au rang des soci\u00e9t\u00e9s o\u00f9 la religion ne tient aucune place. Aussi bien, que servirait \u00e0 l\u2019ouvrier d\u2019avoir trouv\u00e9 au sein de la corporation l\u2019abondance mat\u00e9rielle, si la disette d\u2019aliments spirituels mettait en p\u00e9ril le salut de son \u00e2me ? \u00bb 18). Il parle alors explicitement des \u00ab corporations des catholiques \u00bb (19) . Cet appel avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 anticip\u00e9 en France, par exemple avec le syndicat des employ\u00e9s de commerce et de l\u2018industrie cr\u00e9\u00e9 en 1887 et trouvera son aboutissement en 1919, lorsque 321 syndicats constitueront la Conf\u00e9d\u00e9ration fran\u00e7aise des travailleurs chr\u00e9tiens (CFTC).<\/p><h4>Pas de lutte des classes<\/h4><p>Les principes \u00e9tant pos\u00e9s depuis l\u2018origine de la doctrine sociale de l\u2019\u00c9glise, quelle conception l\u2019\u00c9glise se fait-elle aujourd\u2019hui du syndicat et du syndicalisme ? Le dernier grand texte qui aborde cette question, en tous cas sous forme d\u2019encyclique, est Laborem exercens de Jean-Paul II en 1981. Bien sur, les grands textes ult\u00e9rieurs, dont Centesimus annus, font allusion au syndicalisme, tandis que Benoit XVI, sans modifier les enseignements de son pr\u00e9d\u00e9cesseur sur cette question, a apport\u00e9 certaines r\u00e9flexions int\u00e9ressantes et novatrices dans Caritas in veritate. Il \u00e9tait logique que ce soit Jean-Paul II qui actualise cette question, d\u2019une part parce que son encyclique de 1981 \u00e9tait consacr\u00e9e \u00e0 la question du travail humain, d\u2019autre part parce qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque, un renouveau syndical avait \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 sous une forme originale dans la Pologne communiste avec le syndicat Solidarit\u00e9. Son analyse s\u2019inspire beaucoup de cette exp\u00e9rience d\u2019un syndicat qui lutte contre le totalitarisme et pour le bien commun.<br \/>Dans Laborem exercens, Jean-Paul II consacre tout le paragraphe 20 \u00e0 la question de \u00ab l\u2019importance des syndicats \u00bb. Les premiers alin\u00e9as rappellent le droit d\u2019association, qui vaut bien entendu pour les salari\u00e9s, comme pour d\u2019autres groupes, la diff\u00e9rence d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9e entre corporation et syndicat, et surtout le fait que \u00ab la doctrine sociale catholique ne pense pas que les syndicats soient seulement le reflet d\u2019une structure de classe de la soci\u00e9t\u00e9 ; elle ne pense pas qu\u2019ils soient les porte-parole d\u2019une lutte de classe qui gouvernerait in\u00e9vitablement la vie sociale. Certes, ils sont les porte-parole de la lutte pour la justice sociale, pour les justes droits des travailleurs selon leurs diverses professions. Cependant, cette \u00ab lutte \u00bb doit \u00eatre comprise comme un engagement normal \u00ab en vue \u00bb du juste bien ; ici, du bien qui correspond aux besoins et aux m\u00e9rites des travailleurs associ\u00e9s selon leurs professions ; mais elle n\u2019est pas une \u00ab lutte contre \u00bb les autres \u00bb. (20).<br \/>On est ici en pleine coh\u00e9rence avec la pens\u00e9e de L\u00e9on XIII qui avait d\u00e9j\u00e0 expliqu\u00e9 que \u00ab l\u2019erreur capitale dans la question pr\u00e9sente, c\u2019est de croire que les deux classes sont ennemies-n\u00e9es l\u2019une de l\u2019autre \u00bb (21) ; \u00ab Les deux classes sont destin\u00e9es par la nature \u00e0 s\u2019unir harmonieusement et \u00e0 se tenir mutuellement dans un parfait \u00e9quilibre. Elles ont un imp\u00e9rieux besoin l\u2019une de l\u2019autre ; il ne peut y avoir de capital sans travail, ni de travail sans capital. La concorde engendre l\u2019ordre et la beaut\u00e9 \u00bb (22). On est donc loin de la conception marxiste de la lutte des classes et de la vision du syndicat comme instrument de la lutte des classes. On raisonne en termes de compl\u00e9mentarit\u00e9s, on dirait aujourd\u2019hui de services r\u00e9ciproques. Jean-Paul II en tire la conclusion que \u00ab les requ\u00eates syndicales ne peuvent pas se transformer en une sorte d\u2019\u00e9go\u00efsme de groupe ou de classe \u00bb. (23).<\/p><h4>La question de la gr\u00e8ve<\/h4><p>Dans ces conditions, \u00ab le r\u00f4le des syndicats n\u2019est pas de \u00ab faire de la politique \u00bb au sens que l\u2019on donne aujourd\u2019hui \u00e0 ce terme. Les syndicats n\u2019ont pas le caract\u00e8re de \u00ab partis politiques \u00bb qui luttent pour le pouvoir, et ils ne devraient jamais non plus \u00eatre soumis aux d\u00e9cisions des partis politiques ni avoir des liens trop \u00e9troits avec eux \u00bb. (24). On est loin, on le voit, de la conception du syndicat comme \u00ab courroie de transmission \u00bb du parti. Le but des syndicats, c\u2019est \u00ab de d\u00e9fendre les justes droits des travailleurs dans le cadre du bien commun de toute la soci\u00e9t\u00e9 \u00bb. (24). On est donc \u00e9galement loin de la simple d\u00e9fense \u00e9go\u00efste d\u2019int\u00e9r\u00eats cat\u00e9goriels ou corporatistes, au sens p\u00e9joratif qu\u2019a ce mot aujourd\u2019hui. Jean-Paul II ajoute aussi que les syndicats doivent aider les travailleurs non seulement \u00e0 \u00ab avoir \u00bb plus, mais \u00e0 \u00ab \u00eatre \u00bb davantage, pour r\u00e9aliser pleinement leur humanit\u00e9, en particulier gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9ducation. (25).<br \/>Enfin, et ce point est essentiel \u00e0 comprendre, en particulier dans la France actuelle, le pape n\u2019\u00e9lude pas et aborde de front la question de la gr\u00e8ve. \u00ab C\u2019est un proc\u00e9d\u00e9 que la doctrine sociale catholique reconna\u00eet comme l\u00e9gitime sous certaines conditions et dans de justes limites. Les travailleurs devraient se voir assurer le droit de gr\u00e8ve et ne pas subir de sanctions p\u00e9nales personnelles pour leur participation \u00e0 la gr\u00e8ve. Tout en admettant que celle-ci est un moyen juste et l\u00e9gitime, on doit \u00e9galement souligner qu\u2019elle demeure, en un sens, un moyen extr\u00eame. On ne peut pas en abuser ; on ne peut pas en abuser sp\u00e9cialement pour faire le jeu de la politique. En outre, on ne peut jamais oublier que, lorsqu\u2019il s\u2019agit des services essentiels \u00e0 la vie de la soci\u00e9t\u00e9, ces derniers doivent toujours \u00eatre assur\u00e9s, y compris, si c\u2019est n\u00e9cessaire, par de mesures l\u00e9gales ad\u00e9quates. L\u2019abus de la gr\u00e8ve peut conduire \u00e0 la paralysie de toute la vie socio-\u00e9conomique. Or cela est contraire aux exigences du bien commun de la soci\u00e9t\u00e9 qui correspond \u00e9galement \u00e0 la nature bien comprise du travail lui-m\u00eame \u00bb. (26).<br \/>Ce passage est lumineux. Il n\u2019est pas besoin d\u2019insister sur le fait qu\u2019il est \u00e0 l\u2019\u00e9vidence ignor\u00e9 de la plupart des syndicats fran\u00e7ais. Il existe de nombreux pays o\u00f9 les relations sociales sont consensuelles ; il y a bien entendu des d\u00e9saccords, aboutissant \u00e0 des conflits ; on commence alors par la discussion et la n\u00e9gociation ; et la gr\u00e8ve est une arme ultime, en g\u00e9n\u00e9ral encadr\u00e9e dans ses cons\u00e9quences, notamment pour les services publics. La France est \u00e0 l\u2019\u00e9vidence une soci\u00e9t\u00e9 conflictuelle, dans laquelle le conflit prime sur la n\u00e9gociation, le service minimum est illusoire ou rarement respect\u00e9, et o\u00f9 le syndicalisme est consid\u00e9r\u00e9 par certains comme une arme politique. C\u2019est m\u00eame le seul pays o\u00f9 l\u2019on a invent\u00e9 l\u2019expression de \u00ab troisi\u00e8me tour \u00bb social, comme \u00ab rep\u00eachage \u00bb des deux premiers tours d\u2019une \u00e9lection politique.<\/p><h4>Le syndicalisme dans la mondialisation selon Beno\u00eet XVI<\/h4><p>Dans Caritas in veritate (29 juin 2009), le pape Beno\u00eet XVI consacre un paragraphe \u00e0 la question syndicale (le \u00a7 64), ce qui lui permet de sugg\u00e9rer certaines exp\u00e9riences syndicales novatrices.<br \/>\u00ab En r\u00e9fl\u00e9chissant sur le th\u00e8me du travail, il est opportun d\u2019\u00e9voquer l\u2019exigence urgente que les organisations syndicales des travailleurs, qui ont toujours \u00e9t\u00e9 encourag\u00e9es et soutenues\u00a0 par l\u2019\u00c9glise, s\u2019ouvrent aux nouvelles perspectives qui \u00e9mergent dans le domaine du travail. D\u00e9passant les limites propres des syndicats cat\u00e9goriels, les organisations syndicales sont appel\u00e9es \u00e0 affronter les nouveaux probl\u00e8mes de nos soci\u00e9t\u00e9s: je pense, par exemple, \u00e0 l\u2019ensemble des questions que les sp\u00e9cialistes en sciences sociales rep\u00e8rent dans les conflits entre individu-travailleur et individu-consommateur. Sans n\u00e9cessairement \u00e9pouser la th\u00e8se selon laquelle on est pass\u00e9 de la position centrale du travailleur \u00e0 celle du consommateur, il semble toutefois que cela soit un terrain favorable \u00e0 des exp\u00e9riences syndicales novatrices. Le contexte d\u2019ensemble dans lequel se d\u00e9roule le travail requiert lui aussi que les organisations syndicales nationales, qui se limitent surtout \u00e0 la d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats de leurs propres adh\u00e9rents, se tournent vers ceux qui ne le sont pas et, en particulier, vers les travailleurs des pays en voie de d\u00e9veloppement o\u00f9 les droits sociaux sont souvent viol\u00e9s. La d\u00e9fense de ces travailleurs, promue aussi \u00e0 travers des initiatives opportunes envers les pays d\u2019origine, permettra aux organisations syndicales de mettre en \u00e9vidence les authentiques raisons \u00e9thiques et culturelles qui leur ont permis, dans des contextes sociaux et de travail diff\u00e9rents, d\u2019\u00eatre un facteur d\u00e9cisif du d\u00e9veloppement. L\u2019enseignement traditionnel de l\u2019\u00c9glise reste toujours valable lorsqu\u2019il propose la distinction des r\u00f4les et des fonctions du syndicat et de la politique. Cette distinction permettra aux organisations syndicales de d\u00e9terminer dans la soci\u00e9t\u00e9 civile le domaine qui sera le plus appropri\u00e9 \u00e0 leur action n\u00e9cessaire pour la d\u00e9fense et la promotion du monde du travail, surtout en faveur des travailleurs exploit\u00e9s et non repr\u00e9sent\u00e9s, dont l\u2019am\u00e8re condition demeure souvent ignor\u00e9e par les yeux distraits de la soci\u00e9t\u00e9. \u00bb. (Beno\u00eet XVI, CIV, \u00a7 64).<br \/>Il y a l\u00e0 au moins trois th\u00e8mes importants : le syndicalisme est replac\u00e9 au c\u0153ur de la soci\u00e9t\u00e9 civile, et non de la soci\u00e9t\u00e9 politique ; le d\u00e9bat entre les droits et les conflits entre individu-travailleur et individu-consommateur est clairement pos\u00e9, ce qui est au c\u0153ur du processus de mondialisation ; enfin, le syndicalisme doit d\u00e9velopper sa dimension internationale et notamment s\u2018int\u00e9resser aux travailleurs des pays en voie de d\u00e9veloppement : voil\u00e0 autant de nouvelles perspectives qui s\u2018ouvrent, selon Beno\u00eet XVI, aux syndicats, pour d\u00e9boucher sur des exp\u00e9riences syndicales novatrices.<\/p><h4>Une opinion exigeante du syndicat<\/h4><p>Ainsi, la doctrine sociale de l\u2019\u00c9glise se fait une haute opinion et une opinion exigeante du syndicat et des responsabilit\u00e9s du syndicalisme. Cela s\u2019explique d\u2019une part parce qu\u2019elle a une haute opinion de la personne humaine, de sa dignit\u00e9 incomparable et de sa valeur unique (27) et d\u2019autre part parce qu\u2019elle a une haute opinion du travail \u00ab cl\u00e9 essentielle de toute la question sociale \u00bb (28) et \u00ab dimension fondamentale de l\u2019existence de l\u2019homme sur la terre \u00bb (29). Au-del\u00e0 du seul travail, c\u2019est toute l\u2019activit\u00e9 humaine, et notamment l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique, qui est vis\u00e9e et ainsi \u00ab l\u2019homme est l\u2019image de Dieu notamment par le mandat qu\u2019il a re\u00e7u de son Cr\u00e9ateur de soumettre, de dominer la terre. En accomplissant ce mandat, l\u2019homme, tout \u00eatre humain, refl\u00e8te l\u2019action m\u00eame du Cr\u00e9ateur de l\u2019univers \u00bb (30).<\/p><p><strong>Jean-Yves NAUDET<\/strong><br \/>Professeur d\u2019\u00e9conomie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paul C\u00e9zanne (Aix-Marseille III), Directeur du Centre de recherches en \u00e9thique \u00e9conomique, Pr\u00e9sident de l\u2019Association des \u00e9conomistes catholiques de France, Vice-pr\u00e9sident de l\u2019Association internationale pour l\u2019enseignement social chr\u00e9tien.<\/p><p>(1)\u00a0\u00a0 Ce texte est une version remani\u00e9e et augment\u00e9e d&#8217;un article \u00e0 paraitre in Guillaume Bernard et Jean-Pierre Deschodt, Les forces syndicales fran\u00e7aises, id\u00e9es, organisations, institutions, Coll. Major, PUF, 2009<\/p><p>(2)\u00a0\u00a0\u00a0 L\u00e9on XIII, Rerum Novarum (RN), 1891, \u00a7 2-2<\/p><p>(3)\u00a0\u00a0\u00a0 Monseigneur Freppel, La r\u00e9volution fran\u00e7aise, \u00e0 propos\u00a0 du centenaire de 1789, Paris, A. Roger et F. Chernoviz, 1889, p. 8<\/p><p>(4)\u00a0\u00a0\u00a0 Monseigneur Freppel, <span class=\"skimlinks-unlinked\">op.cit<\/span>., p. 75<\/p><p>(5)\u00a0\u00a0\u00a0 Monseigneur Freppel, <span class=\"skimlinks-unlinked\">op.cit<\/span>., p. 77<\/p><p>(6)\u00a0\u00a0\u00a0 Monseigneur Freppel, <span class=\"skimlinks-unlinked\">op.cit<\/span>., pp. 78-79<\/p><p>(7)\u00a0\u00a0\u00a0 Il faut bien noter que, dans le vocabulaire religieux de l\u2019\u00e9poque, on entend soci\u00e9t\u00e9 civile par opposition \u00e0 soci\u00e9t\u00e9 eccl\u00e9siale, et non au sens de Tocqueville par exemple. Ce qui signifie que chez L\u00e9on XIII, la soci\u00e9t\u00e9 civile inclut l\u2019\u00c9tat, alors qu\u2019au sens de Tocqueville, soci\u00e9t\u00e9 civile s\u2019oppose \u00e0 soci\u00e9t\u00e9 politique. La soci\u00e9t\u00e9 civile qui interdirait les soci\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es, c\u2019est donc ici l\u2019\u00c9tat qui interdirait les associations ou les syndicats par exemple<\/p><p>(8)\u00a0\u00a0\u00a0 L\u00e9on XIII, RN, \u00a7 38-1<\/p><p>(9)\u00a0\u00a0\u00a0 Jean-Paul II, Centesimus annus (CA), 1991, \u00a7 7<\/p><p>(10)\u00a0\u00a0\u00a0 Jean-Paul II, CA, \u00a7 13<\/p><p>(11)\u00a0\u00a0\u00a0 L\u00e9on XIII, RN, \u00a7 36-2<\/p><p>(12)\u00a0\u00a0\u00a0 Jean-Paul II, Laborem exercens (LE), 1981, \u00a7 20-2<\/p><p>(13)\u00a0\u00a0\u00a0 Conseil pontifical Justice et Paix, Compendium de la Doctrine sociale de l\u2019\u00c9glise, Libreria Editrice Vaticana, 2005, \u00a7 306<\/p><p>(14)\u00a0\u00a0\u00a0 Compendium\u2026, <span class=\"skimlinks-unlinked\">op.cit<\/span>., \u00a7 340<\/p><p>(15)\u00a0\u00a0\u00a0 L\u00e9on XIII, RN, \u00a7 42-1<\/p><p>(16)\u00a0\u00a0\u00a0 Pie XI, Quadragesimo anno (QA), 1931, \u00a7 93<\/p><p>(17)\u00a0\u00a0\u00a0 Pie XI, QA, \u00a7 94<\/p><p>(18)\u00a0\u00a0\u00a0 L\u00e9on XIII, RN, \u00a7 42-3<\/p><p>(19)\u00a0\u00a0\u00a0 L\u00e9on XIII, RN, \u00a7 43-7<\/p><p>(20)\u00a0\u00a0\u00a0 Jean-Paul II, LE, \u00a7 20-3<\/p><p>(21)\u00a0\u00a0\u00a0 L\u00e9on XIII, RN, \u00a7 15-1<\/p><p>(22)\u00a0\u00a0\u00a0 L\u00e9on XIII, RN, \u00a7 15-2<\/p><p>(23)\u00a0\u00a0\u00a0 Jean-Paul II, LE, \u00a7 20-4<\/p><p>(24)\u00a0\u00a0\u00a0 Jean-Paul II, LE, \u00a7 20-5<\/p><p>(25)\u00a0\u00a0\u00a0 Jean-Paul II, LE, \u00a7 20-6<\/p><p>(26)\u00a0\u00a0\u00a0 Jean-Paul II, LE, \u00a7 20-7<\/p><p>(27)\u00a0\u00a0\u00a0 Jean-Paul II, CA, \u00a7 11<\/p><p>(28)\u00a0\u00a0\u00a0 Jean-Paul II, LE, \u00a7 3-2<\/p><p>(29)\u00a0\u00a0\u00a0 Jean-Paul II, LE, \u00a7 4-1<\/p><p>(30)\u00a0\u00a0\u00a0 Jean-Paul II, LE, \u00a7 4-2<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par Jean-Yves Naudet, Professeur d&#8217;\u00e9conomie (1). 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